Coaching de vie en Vendée et sur Internet

Le syndrome du sauveur ou les bonnes intentions toxiques

Si le coaching de vie t'intéresse pour booster ta confiance en soi et atteindre tes objectifs. Abonne-toi à l'infolettre pour être informé(e) des prochaines publications et des nouveaux services de Sélevéa ! Je m'abonne, ici !

Le sauveur ou la sauveuse est à priori une personne formidable. N’est-ce pas merveilleux quelqu’un, qui se soucie des autres, dans ce monde individualiste ! Pourquoi y trouver à redire ? Après tout, cet individu est l’archétype même de l’aidant. Tu sais celui ou celle, qui s’est donné pour mission d’aider les autres, voire même dans certains cas de les sauver d’eux-mêmes. Cela peut-être ton partenaire amoureux, un ami, un parent ou une personne de ton voisinage. Tu as peut-être remarqué que cet individu cherche même parfois à t’aider malgré toi et se passe volontiers de ton avis. Car il ou elle considère savoir mieux que toi, ce qui est bon pour toi. Sa présence devient peu à peu étouffante. Et rapidement votre relation révèle toute sa toxicité.

Le sauveur, une personne bien ?

A première vue pourtant cette personne paraît gentille, serviable, à l’écoute et empathique. Ce qui laisse penser que c’est quelqu’un de bien. Tout le monde peut l’appeler pour demander un conseil ou un service. Le sauveur attire même à lui les gens, qui ont besoin de parler de leurs problèmes et de leur impuissance à les résoudre. Mais gare à toi si tu refuses son aide ! Car tout à coup tu deviens son bourreau. C’est à dire un être ingrat, qui manque de reconnaissance envers son dévouement, qui est injuste et blessant. C’est un scandale que tu n’acceptes pas sa main tendue et ses bons conseils, alors qu’il ou elle voulait juste t’aider.

Pour aider, il faut le consentement de la personne aidée

Sauf que l’aide, à part en cas de mise en danger de sa vie ou de celle des autres (incendie, accident, intoxication, etc), cela ne s’impose pas. C’est comme pour les relations sexuelles. Il faut qu’il y ai une demande de la personne et un consentement explicite à être aidé. En se passant du consentement de l’autre pour l’aider, le sauveur se place en position de supériorité. Il pense savoir à la place de l’autre, ce qui est bon pour lui et donc lui vole son pouvoir. Le sauveur nie la capacité de l’autre à trouver en lui-même ses propres ressources et à gérer de façon autonome sa vie. Pourquoi ? Et bien parce que si sa victime n’a plus besoin de lui ou elle, alors il n’a plus de mission, donc plus de raison d’être. Le sauveur, ou l’archétype de l’aidant dans son côté obscur, pourrait avoir comme devise : « J’aide donc j’existe. » Sa volonté de sauver les autres n’est pas désintéressée, même si il n’en a pas conscience.

Le triangle dramatique de Karpman : bourreau, sauveur et victime

Il appartient à un jeu psychologique ou scénario inconscient, appelé triangle dramatique de Karpman. Rien à voir avec Cartman, le personnage de la série South Park. Je suis sûr que certains de mes lecteurs y ont pensé… surtout ceux de la génération, qui a grandit dans les années 90.

Stephen Karpman est un médecin psychiatre américain, grande figure de l’Analyse Transactionnelle et de la psychologie contemporaine. Il distingue trois comportements dramatiques, qui entraînent des relations difficiles avec les autres :

  • le sauveur, qui se donne pour mission d’aider les autres et intervient même si on ne lui demande pas,
  • la victime, qui se croit faible et inférieure, s’apitoie sur son sort et cherche une personne pour la prendre en charge,
  • le bourreau, qui persécute en rabaissant, humiliant ou agressant la victime, en imposant sa vision car il sait mieux qu’elle comment elle devrait diriger sa vie, faire des choix, etc.

Les rôles ne sont pas fixes. Le sauveur peut-être une ancienne victime, qui ressent un mal-être en voyant d’autres personnes vivre une situation qu’il a déjà vécu. En aidant une personne, cette ancienne victime se sent valorisée et reçoit de la reconnaissance. Elle place l’autre en incapacité et a donc ainsi du pouvoir sur elle. Le bourreau, aussi appelé persécuteur, peut aussi avoir été une ancienne victime ou un sauveur déçu. Ne sachant plus comment s’y prendre pour imposer son aide à la victime, il tient des propos dévalorisants et des critiques destructrices. Car il se croit la personne, qui sait mieux que l’autre comment faire. Et il va lui faire comprendre avec agressivité.

Comment se sortir de ce type de relation toxique ?

Il faut d’abord prendre conscience du rôle que tu joues. Une fois que tu l’as identifié, observe celui des autres et dans quelles situations ce triangle dramatique se met en place. Puis, décide de cesser de répéter ce scenario en ne tenant plus ton rôle. Une autre solution peut-être de refléter l’autre comme un miroir. Si ton interlocuteur veut jouer les sauveurs, à ton tour positionne-toi en sauveur, idem pour la victime ou le persécuteur. C’est une bonne façon de casser le fonctionnement du scénario dramatique, faute d’acteur pour tenir l’un des autres rôles du triangle.

Et pour les aidants tombés dans le coté obscure de la force, posez-vous les bonnes questions pour ne pas être piégé par le syndrome du sauveur.

  1. Est-ce que la personne m’a clairement demandé mon aide ? (si non, n’allez pas plus loin)
  2. Est-ce que cela relève de ma compétence ? Par exemple la personne ne devrait-elle pas plutôt consulter un psychologue, une assistante sociale ou son médecin traitant selon son problème ?
  3. Est-ce que je veux vraiment aider la personne ? Ou est-ce que j’attends de cette situation de la reconnaissance, d’être aimé ou de me sentir valorisée ?
  4. Est-ce que je pense mieux savoir que l’autre quoi faire et donc être en devoir de lui montrer ce qui est bien ou bon pour elle ?
  5. Qu’est-ce que je ressens si une personne refuse mon aide ? Suis-je sans attentes particulières, ou au contraire blessé par son refus, déçu ou en colère ?


Commentaire.

(Les commentaires sont lus avant validation.)