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La bibliothérapie en médecine générale

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Et si demain, ton médecin généraliste te prescrivait un livre pour prévenir une dépression nerveuse ou éviter sa récidive. Serais-tu surpris ? Est-ce que tu accepterais qu’il te conseille une lecture pour favoriser ton bien-être au même titre qu’un médicament ? Et bien, c’est ce que propose la bibliothérapie. Ce concept a été étudié par le docteur Pierre-André Bonnet, dans une thèse d’exercice soutenue à la faculté de Marseille en octobre 2009.

Le livre et son auteur

Son ouvrage, La bibliothérapie en médecine générale, en est la version remaniée. Il a été publié aux éditions Sauramps Medical, dans la collection Médecine et Humanisme. Le docteur Bonnet est également membre de l’association, Médecins Humanistes Associés, dont les convictions sont les suivantes :

« Le malade est un humain. Le médecin est un humain. La relation médecin-malade naît d’une rencontre entre humains et non d’une procédure technique. »

La bibliothérapie en médecine générale, Pierre-André Bonnet

Elle a été crée afin de promouvoir les travaux des médecins soutenant dans leurs démarches, les dimensions humaines évoquées ci-dessus.

Introduction de l’ouvrage

Le docteur Pierre-André Bonnet a constaté dans sa pratique, la difficulté des patients a trouvé le bon interlocuteur en matière de santé mentale. Et même lorsque celui-ci est clairement identifiée, les malades se heurtent à la pénurie de spécialistes et à la difficultés à accéder aux soins (déserts médicaux, coûts…). Bien souvent, la réponse donnée à leurs troubles est médicamenteuse. Hors celle-ci est réductrice. Elle ramène le patient à un état d’impuissance et une attitude passive face à son trouble. L’auteur part au contraire du postulat, que le médecin peut s’appuyer sur les ressources du patient lui-même, dans le but de l’aider. Pour lui, la bibliothérapie est un nouvel outil à disposition des soignants, dans ce but. La lecture est un support, qui dans ce contexte, a pour finalité l’amélioration de la santé mentale, par le renforcement du bien-être et la diminution de la souffrance psychologique. La bibliothérapie est un outil de soi et de prévention en santé, complémentaire de ce qui existe et facile d’accès. Le docteur Bonnet distingue dans son introduction trois catégories d’ouvrages utilisées en bibliothérapie :

  • Le répertoire général : romans, biographies, fictions non-écrites pour soigner, mais dont le lecteur tire un bénéfice.
  • Les ouvrages orientés sur des considérations psychologiques : ouvrages sur le bien-être, les soins de l’esprit, le développement personnel, d’informations sur un trouble particulier.
  • Les livres d’auto-traitrement ou self help book : livres proposant une méthode de travail précise pour s’auto-traiter, ouvrages qui guident ou encadrent le lecteur dans ses actions quotidiennes pour l’aider dans un processus de changement.

Le livre peut-être utilisé selon trois modalités :

  • lecture autonome, sans contact avec un thérapeute,
  • lecture avec un contact minimal avec un thérapeute,
  • bibliothérapie dirigée avec des échanges réguliers avec un thérapeute.

Partie n°1 : éléments d’histoire

Les racines de la bibliothérapie de l’antiqué au début du 20ème siècle

Dans la première partie de son étude, le docteur Bonnet présente les origines, l’histoire et la naissance de la bibliothérapie contemporaine. Celle-ci trouve ses racines dans l’antiquité et notamment la notion de catharsis, enseignée par le philosophe grec Aristote au sujet de la tragédie. Plus tard l’auteur relève chez l’écrivain français Proust dans son ouvrage, Sur la lecture, des éléments évoquant le concept de bibliothérapie. Proust avance en effet que la lecture est une activité, qui comble la solitude du lecteur dépressif et lui fait redécouvrir le mouvement de la volonté. La lecture ne guérirait pas à proprement parlé, mais elle rétablirait chez le lecteur la faculté de guérir en lui, en donnant une impulsion. Pierre-André Bonnet évoque ensuite le philosophe et écrivain français Marc Alain Ouaknin. Rappelant les travaux de Ricoeurs, ce dernier déclare que la lecture a une action thérapeutique, car elle agit dans une temporalité spécifique. Le malade dépressif perd en effet la capacité à anticiper et à se projeter dans l’avenir. La lecture le conduit progressivement à percevoir de nouveau la temporalité. Enfin, le docteur Bonnet relie la bibliothérapie à l’herméneutique. Cette dernière est l’art d’interpréter et de donner du sens à des textes. Pour Pierre-André Bonnet, lire un livre offre aux malades de nouvelles possibilités d’interpréter le monde et de donner du sens à la vie. Les quatre principales qualités, qui sont donc attribuées à la bibliothérapie au début du 20ème siècle sont :

  • la catharsis,
  • l’impulsion,
  • la temporalité,
  • l’herméneutique.

Du début du 20ème siècle à aujourd’hui….

Le docteur Bonnet explore ensuite la naissance du concept actuel de bibliothérapie du début du 20ème siècle à aujourd’hui. Vers 1916, les libraires des hôpitaux et les psychiatres fournissent aux malades des livres. Ils commencent alors à observer les effets positifs de la lecture sur les patients. Vers 1950, les recherches sur le sujet s’intensifient. En 1961, outre-atlantique, une définition de la bibliothérapie est introduite dans le Webster International, un dictionnaire de référence américain. Au cours des années 70, les applications de la bibliothérapie s’élargissent dans le domaine de la santé mentale. Dans la première moitié du 20ème siècle, elle est abordée sous l’angle de la psychanalyse et la recherche d’une délivrance cathartique. A partir des années 60, elle est envisagée selon le modèle émotivo-rationnel, puis cognitivo-comportemental venus d’Amérique du Nord. Elle n’est plus seulement la révélation d’une vérité sur soi, mais un enseignement à mettre en pratique pour guider un changement.

Partie n°2 : éléments d’actualités

Les effets de la bibliothérapie

L’auteur pose la question de savoir si la bibliothérapie est réellement une affaire médicale. Passant en revue les résultats de plusieurs études scientifiques sur le sujet, il met en relief l’existence de nombreux arguments pour considérer le livre comme un outil pertinent, pour aider les malades. Il les présente en les classant par type de pathologie. En résumé, la bibliothérapie a montré des résultats sur :

  • les troubles de l’humeur,
  • les troubles anxieux phobiques,
  • les troubles sexuels et pathologies du couple,
  • les troubles du sommeil,
  • l’éducation et les troubles de l’enfant,
  • la relation soignant-soigné,
  • l’alcoolisme,
  • les troubles sociaux et la délinquance.

Partie n°3 : éléments de réflexion

La bibliothérapie, points de vue et témoignages des patients lecteurs

Dans la troisième partie, Pierre-André Bonnet aborde les effets de la lecture, non plus d’après les études scientifiques, mais d’après l’expérience des patients. Comment ont-ils vécu cette expérience ? Quelles bénéfices en tirent-ils ? Il y a globalement cinq avantages principaux, qui ressortent de leurs témoignages :

  • La compréhension de leur trouble : une sorte d’éveil, un accès à la connaissance, un déclic, une compréhension décisive, une révélation qui permet d’envisager le futur et une évolution.
  • Ne plus se sentir seul : découvrir d’autres personnes dans le même cas, des témoignages qui font écho à leur vécu, le livre comme compagnon, satisfaction de voir leur problème pris en considération, déculpabiliser, être réconforté et compris.
  • Une aide pour aller mieux : une méthode pour changer de vie, des exercices pour améliorer son bien-être, diminuer les impacts négatifs sur sa vie quotidienne, des solutions concrètes pour identifier son problème et le résoudre, apprendre à conserver ou améliorer sa santé soi-même, se prendre en charge, être acteur de son bien-être.
  • Découvrir un autre point de vue : lire des témoignages de gens qui s’en sortent ou vivent bien, envisager d’autres causes, d’autres solutions, une autre façon de voir le monde et la vie.
  • S’évader et voyager : changer de cadre sans avoir à se déplacer, rêver, espérer, lâcher prise, se détendre, rire, mettre de la distance avec son quotidien, se distraire, trouver de l’apaisement.

Partie n°4 : Prescrire un livre, est-ce crédible et utile ?

Dans la dernière partie, le docteur Bonnet aborde la bibliothérapie plus spécifiquement sous l’angle de la médecine généraliste. Il pose la question de savoir si prescrire un livre est crédible et utile pour les patients. Il présente ses indications, quant à l’utilisation de livres dans une démarche de soin. Puis, il décrit les modalités de prescription. Enfin, il propose une courte liste, non-exhaustive, d’ouvrages qui peuvent être prescrits.

Pour conclure, il fait le constat qu’en France, la bibliothérapie est encore un domaine à étudier, afin de la faire entrer dans les mœurs. Car elle est loin de faire partie des prescriptions courantes, contrairement à ce qui commence à se faire au Royaume-Uni. Les français sont pourtant de grands consommateurs de psychotropes. Hors la solution médicamenteuse est souvent incomplète et superficielle. La bibliothérapie pourrait être un outil complémentaire intéressant, simple d’accès pour favoriser le bien-être et la santé des patients.


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